Ce qui suit n'intéressera sans doute que les fans, et contient des spoilers.

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Ce site contient quelques pages de pensées personnelles sur un dessin animé vraiment pas comme les autres.

Il contient aussi quelques contributions issues de la mailing-list des MCO.

Le manque de temps m'ayant conduit à quitter cette ml, cette section va rester en l'état, à moins que vous me proposiez des choses à mettre en ligne.

des quintaux d'informations sur cette série TV sur le site de Gwen.
Pour trouver des images, des sons, des résumés d'épisodes : allez chez Gwen, le nouveau Prophète Voyageur. :o)

 

 

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Les enfants dans l'aventure

A la différence de la plupart des séries, le groupe d'aventuriers se constitue progressivement au cours des 6 premiers épisodes. Il est finalement constitué de trois adultes, de trois enfants, et d'un perroquet (Pichu). Ce dernier est la mascotte incontournable, marque des dessins animés de l'époque (pensez à Nono dans Ulysse, Attila dans Nadia...). Il y a en fait deux camps : celui des enfants et celui des adultes. Esteban et Mendoza, par leur entente, en forment le noyau.

En fait, les adultes incarnent l'ancien Monde. Ce sont tous des européens, principalement intéressés par l'Or (quoique, Mendoza...).

Les enfants incarnent le Nouveau Monde, dans toute sa diversité. Avez vous remarqué qu'aucun n'a d'origine européenne ? Zia est une Inca, Tao un descendant du peuple de Mu et Esteban est le fils d'une Inca et d'un homme venu de la mer de l'Ouest (d'Asie ???).

En plus, les motivations des uns et des autres sont opposées.

Mendoza, Sancho et Pedro cherchent la fortune.

Pour chacun des enfants, le but est autre :

Zia veut retrouver son pays et son père. Elle apprendra qu'il est parti à la recherche des Cités d'Or.

Tao recherche les secrets de ses ancêtres. Il suit aussi les autres par amitié et, sans doute, besoin de relations humaines.

Esteban se laisse finalement convaincre de suivre Mendoza à bord de l'Esperanza dans l'espoir secret de retrouver son vrai père, mais aussi par fascination (souvenez-vous de son regard brillant pendant le petit discours de Sancho et Pedro dans l'épisode 1).

Cependant, les motivations des enfants vont évoluer au cours de leurs aventures. Les épreuves qu'ils subissent créent des liens d'amitiés de plus en plus forts entre eux. Ils apprennent à donner d'eux-mêmes et à prendre des risques au profit des autres...


 

 

 

L'esprit d'équipe

C'est dans l'adversité que naissent les grandes amitiés.

Esteban, le premier, commence à prendre des risques pour Zia dès le troisième épisode, en allant voler de l'eau pour elle. Puis, quand Zia est enlevée par Tao, il traverse à la nage (!) la distance entre deux îles pour la retrouver.

Zia se rend très vite compte qu'Esteban n'est pas comme les Espagnols. Après des années passées à se méfier de tous ceux qui l'entouraient, elle va lui accorder sa confiance et son amitié. Le fait que Tao soit orphelin et se montre méfiant avec les adultes le rendra finalement sympathique aux autres enfants.

Zia montre son courage au moment ou Gomez ordonne de tirer sur les Incas malgré que Zia se soit rendue à lui. Elle lui échappe et réussit à rejoindre Tao et à le convaincre de libérer toute l'énergie du Solaris.

Tao finit par comprendre l'importance de ses nouveaux amis juste après la destruction du Solaris. En larme devant le désastre, il réalise que leur vie vaut plus qu'un bateau, fut-il extraordinaire.

Rares sont les scènes ou Esteban est secouru par ses deux amis. Je m'en souviens d'une : au moment ou Esteban décide de retourner au fort de l'Aigle, pendant l'attaque des espagnols, seuls Zia et Tao s'aperçoivent de son départ, et émus par sa volonté de traverser le pont en dépit de son vertige, ils finissent par l'accompagner pour l'aider.

Dans de nombreuses situations, la complémentarité des enfants leur permettra d'arriver à leurs fins. Esteban a le culot, l'énergie et l'audace. Zia est observatrice, sensible, et connaît le pays inca. Tao sait déchiffrer l'écriture Maya, et il est souvent à l'origine des bricolages géniaux qui sauvent le groupe.

Un autre aspect très symbolique de cette amitié si forte entre les trois enfants est leur total respect vis-à-vis de leurs différences ethniques.

Démarche commerciale ? Scénario politiquement correct ?

Sûrement un peu des deux. Mais en filigrane de toute la série se dessine une vision du monde des adultes voué à l'intolérance et aux affrontements, tandis que les enfants, par leur ouverture d'esprit arrivent souvent à se faire accepter et aider par ceux qu'ils rencontrent.

Ce n'est pas toujours vrai. Les Espagnols sont quasiment tout le temps les 'méchants' de la série, et il est exceptionnel qu'ils aident les enfants.

De même, certaines tribus sont hostiles (les Urubus, ainsi que la tribu du Lac).

Mais à chaque fois, on s'apperçoit que cette hostilité est du fait d'une ou deux personnes qui manipulent les autres, les archétypes étant le Docteur et Marinché.


 

 

 

La musique

On ne dira jamais assez le talent des deux compositeurs qui ont écrit l'ensemble des musiques d'ambiance de la série. Ils ont réussi à intégrer des instruments sud-américains et européens (flûte, percussions, guitares, banjo, cœurs) à des compositions utilisant largement le synthétiseur.

A la différence de nombreuses autres séries, la musique des Cités d'Or ne se limite pas à un ou deux thèmes. Certains fans en comptent une cinquantaine différents (tout en étant clairement de même facture). Comme chaque thème peut se retrouver dans plusieurs morceaux et orchestré différemment, la richesse sonore de la série est exceptionnelle. Cela a permis aux monteurs d'allier parfaitement les émotions de l'histoire avec les musiques.

Ceci au point ou même aujourd'hui, nous retrouvons en écoutant la bande originale des Cités d'Or les émotions que nous ressentions enfants.

Si vous ne l'avez pas encore fait, essayez de repérer à quoi est associé chacun des thèmes. Esteban a le sien, ainsi que Tao et Zia. Le Solaris aussi, ainsi que le Grand Condor. Plusieurs thèmes également pour les Olmèques, les Incas, les Mayas et les espagnols (celui qui marque l'entrée en scène de Pizarro est particulièrement réussi).

 

Ensuite, vous découvrirez que selon les scènes, les thèmes se répondent, avec un rythme différent en fonction de l'émotion à transmettre.

Pour exemples :

- La façon dont le thème d'Esteban se mêle à celui du Grand Condor dans les scènes d'action aériennes,

- la délicatesse pleine de sensibilité des passages qui marquent la mort de papa Camayo,

- L'utilisation de basses pulsantes sur les thèmes d'exploration souterraine, etc.

Les compositions ont été mûrement pensées pour obtenir une réelle osmose entre images et sons.

Et l'émotion passe… parce que le scénario est bon, certes, et bien traduit par les images, mais surtout grâce à la vaste palette auditive créée par Saban et Levy.


 

 

 

Or donc, le scénario

A y bien réfléchir, la série est bourrée de clichés : des enfants à la recherche de leur parents, des conquistadores avides et méprisants, des artefacts laissés par l'empire mythique de Mu, une race devenue stérile luttant pour retrouver sa puissance passée, des souterrains, des passages secrets, tout cela semble peu original.

Le secret est dans les personnages. Prenez le scénario le plus trivial qui soit, si vos personnages sont crédibles, le scénario passera. Et cette crédibilité se construit par les réactions des personnages aux événements.

Dans les séries d'animation de l'époque, les héros sont souvent infaillibles et ne perdent jamais espoir.

Ce n'est pas le cas dans les Cités d'Or. Chaque personnage a des qualités et des défauts qui apparaissent tôt ou tard dans la série. Et il n'est pas exceptionnel de voir des personnages souffrir, pleurer ou s'effondrer dans certaines situations.

De plus, il n'y a pas vraiment de 'happy end' dans les cités d'Or.

Le dernier épisode laisse un fort sentiment de nostalgie, comme au réveil d'un merveilleux rêve qu'on aurait voulu voir continuer encore et encore...


 

 

 

 

 

Le réalisme des personnages

C'est par la diversité et le réalisme des mises en situation que les personnages deviennent à la fois humains et attachants. Quelques exemples...

Dès le premier épisode, nous voyons Esteban malade de vertige dans sa nacelle. Plus loin, il est en larmes au chevet de son père adoptif mourant. Mais nous le voyons aussi courir joyeusement sous la pluie dans sa robe de moine, jouer avec un chien, et écouter avec attention le boniment de Sancho et Pedro.

L'ambiguïté de Mendoza apparaît aussi dès le début : il est le sauveur d'Esteban, mais il est aussi le voleur qui lui a pris une partie de son médaillon. Il permet à Esteban d'embarquer sur l'Esperanza, mais il enlève Zia. Mendoza est un des rares personnages adultes de la série qui ne recours à la violence qu'en dernière extrémité. Ce qui me fait dire que Mendoza est lui aussi un premier rôle auquel le spectateur plus âgé peut s'identifier. Il est à mon avis extrêmement significatif que l'unique personnage de la série qui arrive à récupérer un peu de l'or de la cité soit Mendoza. Il est un modèle acceptable pour le spectateur, tout en étant un sujet de réflexion. Jamais Mendoza n'use de violence envers les enfants. Face à des adultes, il ne tire l'épée que s'il ne peut vraiment pas faire autrement.

Chaque épisode contient des moments drôles, émouvants, inquiétants, poétiques, énervants. Toutes ces émotions passent par les personnages, ce qui les rend humains, et donc crédibles. Même si la mort est rarement montrée directement, l'émotion qu'elle provoque chez les personnages est toujours très bien rendue. Revoyez le passage où Esteban comprend que le père Rodriguez vient de mourir.

La mort du père supérieur de la cathédrale est suggérée par un plan raproché du visage d'Esteban, ses yeux s'écarquillent, il murmure " père "… c'est fini. Beaucoup de sobriété dans le traitement, mais osez prétendre que ce passage ne vous a pas serré la gorge !

On retrouvera la même délicatesse pour la scène de la mort de Papa Camayo.

La mort du Grand prêtre de la cité d'Or posait un problème de mise en scène difficile : le personnage est seul sous terre avec le Grand héritage. L'image doit faire comprendre qu'il réussit à arrêter la machine infernale et qu'il meurt, sans parole, et sans montrer la mort elle-même. C'est une scène du dernier épisode ; celui que beaucoup de fans n'aiment pas… Pourtant, le gros plan sur le masque d'or en train de fondre est vraiment une idée géniale !

Rappelez-vous aussi la dernière scène entre Esteban et le grand prêtre. Le courage de cet homme n'est montré que par un tout petit indice : une larme sur sa joue quand il s'en va vers la mort, sachant qu'il laisse une deuxième fois son fils derrière lui.

 

 

(c) 1999 Gildas Jaffrennou

 


 

 

 

 

 

 

La suite !

Ce n'est pas un hasard si près de 15 ans après, les auteurs souhaitent en faire une suite !

Aux dernières nouvelles, une suite aux Cités d'or va bel et bien être réalisée. Mais la situation est complexe car AK-video semble vouloir faire une suite sans Jean Chalopin, qui a aussi de son côté un projet.

Prudence donc, il n'y a rien de sur. En tout cas, si c'est AK-video qui fait cette suite, il y a fort à parier qu'elle n'aura vraiment rien à voir avec la première. Les premiers dessins mis en ligne sur le site de Gwenaël ne sont pas enthousiasmant, à la différence de ceux montrés par Bernard Déryès à Japan Expo 5.

 

 


Et les SHADOKS pompaient...

 

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